Stony
Caché derrière ses lunettes de soleil, Stony diffuse en tout temps une chaleur que l'on ressent tout de go à l'écoute de son premier disque autoproduit qu'il a baptisé "Botnem" (espoir).
Ce thème de l'espoir est toute la philosophie même de ce 10 titres dans lequel ce fils de New-bell, quartier populaire de la mégalopole camerounaise de Douala, exprime sa vision de l'Afrique minée (au propre comme au figuré) de toutes parts par de bien inutiles guerres fratricides. Stony le dit en reggae, en makossa et même dans le rap. Il s'est offert pour la circonstance la collaboration de pas moins que Pablo Master, valeur sûre du rap français des années 80, mais aussi celle des Gino Sitson (ex-Manu), Kristo Numpubi, Focarde Eyoum et bien d'autres grosses pointures.
Mais tout n'est pas que méditation et contestation ici ; car Stony invite aussi à la fète ses fans qui de plus en plus se font nombreux tant à Douala qu'à Abidjan, en Afrique du Nord et en France. Il n'y a qu'à écouter des chansons comme Mut'a n'dock, Mutlom ilegue, ou encore voir l'artiste et ses danseuses sur scène et dans les vidéogrammes pour s'en convaincre.
Né il y a une trentaine d'années sous le patronyme Nsoga Tonyé Pierre, Stony a baigné très tôt dans la musique ; il a entre autres réalisé un infructueux coup d'essai en 1996 avec un cousin à lui, une K7 intitulée Georgette dont la diffusion est restée très limitée. Il chante essentiellement en bassa, question pour lui d'affirmer sa personnalité et faire découvrir aux autres les insondables richesses de la culture de son pays.
Afrique Musik / MPS 2002
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