L'affaire Papa Wemba vue de Kinshasa

L'interpellation de Papa Wemba, Shungu Wembadio de son vrai nom, donne lieu à la consternation de la population congolaise et l'hébétement pour les milliers de ses fans qui vivent à Kinshasa.

Papa Wemba, le "Bakala dia Kuba" (homme mûre et sage), celui-là même que les médias annonçaient déjà pour la célébration du sommet de la francophonie le 26 mai à Kinshasa, est aux arrêts ; il serait soupçonné de trafic humain et d'aide à l'immigration clandestine ; il l'aurait même avoué... Tout le monde cherche à comprendre et les médias ne les y aident pas ; à commencer par la presse congolaise : elle n'en sait rien, se contente de relayer les radios et télévisions étrangères, toujours au conditionnel, assez pour se laisser une marge de rétraction au cas où les faits ne se vérifiaient pas.
Nous sommes descendus dans le fief du Pape de la Sape, son village Molokai, pour nous enquérir de la situation auprès de son bureau de Kinshasa.
Nous avons rencontré messieurs Djess Nembanza et Bessala , respectivement Secrétaire général et directeur administratif de Viva La Musica Nouvel Ecrita qui, indignés, ont tenu à clarifier deux ou trois choses :
1- Papa Wemba n'a jamais avoué à qui que ce soit avoir obtenu 100.000 euros pour le voyage des personnes s'étant fait passer pour ses musiciens, étant donné que seul son avocat peut lui parler et ne peut divulguer les secrets de l'instruction.
2- Papa Wemba n'est pas de nationalité belge comme l'affirme une certaine presse, il est bel et bien congolais et voyage régulièrement avec son passeport ordinaire muni de sa carte de résident délivrée pour la France, où vit sa famille.
3- Papa Wemba est marié régulièrement à une congolaise et donc la soi-disant complice, d'origine japonaise qui aurait été arrêté avec lui, ne saurait être sa femme.
Les fans de Papa Wemba qui pensaient déjà à une manifestation de protestation devant les bureaux de l'ambassade de France, après celle devant les bureaux du vice-ministre chargé de la jeunesse, ont été calmés par le président de l'Union des musiciens congolais qui, rassurant, ne cesse de multiplier des appels au calme, "...nous devons, dit-il, attendre d'avoir des nouvelles de notre ministre de la culture qui s'occupe à trouver une issue diplomatique de cette affaire".
On apprend déjà que des mesures draconiennes seront prises pour éviter que qui que ce soit ne se fasse passer désormais pour un musicien ; l'on parle même déjà d'une caution de 100.000 euros pour un minimum de trente musiciens en tournée.

Par Françoise Mukuku
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